Flammes lunaires

 

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28.11.05

 
Le charme des solitudes

Hier soir et celui-ci, vous m’avez ramené au doux instant que rien ne brise, que rien ne vient altérer : celui d’une solitude où le monde semble renaître de douceurs étranges.
Dans l’isolement le pas reprend son rythme, le regard retrouve ce qui lui faisait défaut, et le cœur même se reprend à aimer.
Il y avait si longtemps que le fleuve ne m’avait pas paru si pur, si rempli de tout !
Et se revoit aussi, dans les iris cristallins de la redécouverte de soi, la mémoire appauvrie de tant de nuits d’ivresses stériles…

Guillaume

22.6.05

 
Je suis l’homme parfait

Ce Qu’il Fallait Dire.
(Surtout ne jamais y croire, mais essayer qu’un jour cela soit vrai…)

Guillaume

7.6.05

 
Promesse nocturne

Dans la lumière d’une aurore qui ne viendra jamais, alors que la nuit se déroule dans toute sa langueur lancinante, nous voudrions trouver la porte qui nous ferait pleurer. Mais il est des instants si longs que le ciel s’éclate à la limite d’une berge que nous ne franchirons pas ; tandis que le jour s’impatiente d’une lueur mourant d’avance.
Aussi est-il une promesse que nous ferons, et qui sauvera peut-être le monde que nous faisons.

Guillaume

6.6.05

 
"Et s'il n'en reste..."

Quand l’alcool se dissout par le lent réveil du travail, du geste à faire, la soirée n’est plus, aux souvenirs, qu’une bouillie informe et infecte ; sous le ciel monotone et lourd où remontent des lambeaux déchirés portés par le parfum tenace d’un rhum rance.

Guillaume

2.6.05

 
Traduction véritable

C’était lors de son sixième ou septième voyage au village qu’il vit le vieux peintre. Oliver prenait toujours la même route : il gravissait le chemin des roses qu’une femme, le soir où son amant mourut pour une autre, avait fait naître de sa virginité fendue, puis il tournait, d’un doigt léger qu’un parfum de sucre assaillait, vers le bas de la colline bleue, où des anges égarés, loin des querelles des dieux en révélations, jouaient aux cartes, leurs long cigares brûlants le ciel ; alors il y avait le rire exalté aux ailes de colombes, quand au travers des bois mauves le suivait l’orée de sa promise, jusqu’au bord d’une langue d’asphalte fraîche ; alors aussi, à la droite du lion, s’élevait le corbeau du soleil ; et de la falaise d’argile naissait l’océan double, réminiscence des yeux, rémission de l’enfant qu’il est, tandis qu’au-dessus de ces lèvres enlaçant le monde, la lumière écarquillée du jour épanouissait la plénitude du vivre.

Puis ce fut le souffle d’une apparition qui attira sa voix au chevalet ; il était long et fin, ce souffle, presque comme le cœur à l’instant d’aimer. Le vieux peintre, assis sur les genoux de la fée, étincelait la mer des aromates du soupir, approfondissait la couleur d’un soupçon d’histoires que l’on avait perdues. Et la reine soumise avait pour lui des tendresses de mère mal-aimée. Oliver se tu mais su aussi que ce couple était grand et qu’il avait pour nom éternité.

Au village parsemé d’espérances il envoya sa missive aux humanités mortes, puis il alla au café les retrouver. Dans les gestes refaits à l’infini il huma le silence de la virilité, avec de maigres éclairs il devina encore combien la présence s’affaisse, par une seule gorgée de l’absolu.

Oliver regarda au dehors et vit tant de choses que les yeux d’aucune parque n’en pourraient contenir autant. Flot immense d’êtres et de devenirs, de passés et de gouffres, d’actes et de souffles, c’était le vase crépusculaire qu’il saisissait. Enténébré de lui-même et de tout, par la parole immense du temps qui fige et brise, Oliver releva la foudre et le feu qu’elle laisse – sentier étroit de l’âme. Alors il remontera lentement le long fleuve lent, saluera de baisers digitales les fleurs du corbeau, du lion, de sa promise et des anges. Mystérieusement lavé à sec de sa mémoire, désobscurci en sa frontière, il redeviendra Oliver.

Guillaume

23.5.05

 
Le départ

C’est le reflet d’un homme s’élargissant dans une vitre arrière.

Guillaume

17.5.05

 
Désaccords

« Tu est un torturé » me disent-elles. « Un écorché vif » disent-ils parfois.
« Un chien fou », « un romantique » « un bélier ascendant cancer », « un eunuque des sentiments », « un homme de nacre », « un bourrin », « un casse couille », « un tendre », « un dragueur », « une brute de fonderie », « un artiste » « une face d’albâtre » ; « un salaud » même parfois…
Toi tu souriais juste quand je disais « toute musique n’est, au fond, qu’une tendre mélancolie ».
Et j’aimais ce sourire, tandis que chantait Aretha Franklin.

Guillaume

7.5.05

 
Souvenir

J’ai reconnu encore le soir d’ivresse où le monde, d’un coup, bascule à n’en plus finir, si tant est qu’un horizon peut se découvrir sous nos yeux médusés.

Et s’assit à mon côté une jeune femme qui n’avait pour tout charme qu’un string.

Aux langueurs de ses geste je reconnu à nouveau les termes des plus secrètes envies.

Et montèrent sur ses seins deux nains aux mains obscènes, dont les cous seuls étaient faits d’un bloc unique et inaltérable.

J’aurais pu tenir mon rôle

Guillaume

2.5.05

 
Citations éparses

Les passions nous font voir les choses beaucoup meilleures qu’elles ne le sont en réalité.(R.Descartes)

On vit qu’une fois… la deuxième on meurt.(Un pilier de bar)

La merde dans laquelle nous sommes depuis vingt ans n’est pas à la hauteur du diplomate que je suis.(Un vieux mégalomane de Hyers)

Si Hitler avait gagné la guerre, lui au moins, il aurait pas lâché les colonies. (Ma grand-mère fasciste)

Jean-Paul II est un agent infiltré du KGB. (Ma tante intégriste catholique)

L’égocentrisme des gens m’est insupportable, il nuit au mien. (Mon ami AQW)

Je suis comme Jésus, je suis immourable. (Une ex)

Ce que j’aime chez toi ? C’est que tu te ressembles. (Une amie, voulant être gentille avec moi)

Tu es un eunuque des sentiments.(Un ami, voulant être lucide sur moi)

Newton est un gamin qui ne devrait pas avoir le droit de manger de la compote.(Aucune idée)

Guillaume

12.4.05

 
Anniversaire

Torsion du ventre quand se découpe la silhouette attendue, dans une ombre au bord d’une porte.
Paroles maladroites, ambiguës, inquiètes, la main sur un verre qu’il ne faut pas boire trop vite.
Frôlements des peaux palpitant sur le bois d’une table, au rythme de ces paroles hésitantes, attentives, oubliées aussi vite que les yeux se croisent et se cherchent.
Vent frais qui caresse le visage dans la nuit tombée sans un souffle, si rapidement qu’elle semble être de velours, et qui murmure un tendre apaisement rempli d’avenir.
Baiser nouveau, et vierge, porteur d’un parfum inconnu semblant effacer tout ce qui n’est pas lui, semblant envelopper le soir de délicatesse et de mélancolie douce-amère.

Et les nuits fiévreuses, et longues, et profondes – ces nuits indicibles !
Et les matins où l’on ne veut pas fuir…

Voilà un an que j’ai oublié, dans ma chair, qui vous êtes.

Joyeux anniversaire ma vie de non-épris.

Guillaume